Le vendredi 29 novembre 2019 à 18h00, une centaine de personnes s'est réuni…

Le vendredi 29 novembre 2019 à 18h00, une centaine de personnes s'est réunie devant le magasin H&M rue du Mené à Vannes pour dénoncer l’impact désastreux de l’industrie du textile et de la mode éphémère.
Des membres d’Extinction Rébellion (XR) et d’autres organisations (un groupe des gilets jaunes, ATTAC, Green Vannes/Youth for climate qui nous ont rejoint après leur marche et Action Aid Peuples Solidaires) ont milité ensemble, en ce jour « noir », pour une prise de conscience climatique et sociale quant à la surproduction textile.
Ils ont décidé de dénoncer cette industrie toxique à tous les niveaux !
Les impacts désastreux, largement sous-estimés et méconnus par les consommateurs, sont multiples et gravissimes : une pollution de l’eau et du sol du fait de l’utilisation intensive de pesticides et de teintures toxiques pour le vivant, la déforestation au bénéfice des cultures intensives du coton, les émissions de gaz à effet de serre sur toute la filière textile (estimation 3% à 10% des émissions), la surproduction par le biais de la fast fashion qui génère un gaspillage avec des tonnes d’invendus détruits par an, la présence de substances toxiques dans les vêtements ou chaussures qui contaminent toutes les personnes les manipulant lors de la fabrication, de la teinture, du transport, du contrôle douanier, de la vente jusqu’à son utilisation.
À cela s’ajoutent les impacts sociaux. Les travailleurs du textile ont des revenus dérisoires pour des conditions de travail dignes de l’esclavage et voient leurs droits bafoués (horaires harassants, travail des enfants, risques de blessures et de mort)
Toutes ces raisons et plus encore (corruption, liens avec des dictateurs comme en Éthiopie, pratiques fiscales tendancieuses) justifient l’action non violente de ces militant-es. Les passants ont pu découvrir une vitrine présentant les abus de l’industrie textile. Des solutions alternatives ont été présentées au public par des mannequins défilant sur un tapis rouge. Des vêtements ont été mis à disposition dans une zone de gratuité pour mettre en valeur une autre manière de consommer par le partage de vêtements d’occasion.
Une déclaration solennelle a expliqué l’urgence d’une prise de conscience individuelle et politique. Et les militants ont rappelé la responsabilité de chacun, législateur, producteur, vendeur ou consom’acteur. Dans les pays pauvres, les victimes de la mode sont des esclaves contaminés. Dans les pays riches, les victimes de la mode incitées par la pub gaspillent leur argent pour combler un manque d’amour. Deux facettes de la misère au cœur de la mode.
Au cours de l’action de nombreux slogans ont été scandés et ont trouvé écho dans la foule. Comme « Et un, et deux et trois degrés ! » ou encore « consommons autrement, notre avenir en dépend ». Enfin, des tracts ont été distribués pour sensibiliser les passants et leur proposer des solutions alternatives pour consommer moins mais mieux et trouver du sens et du bonheur ailleurs que dans la mode éphémère et superficielle. L’action s’est terminée à 19H30, à la fermeture du magasin et les militants sont repartis en laissant les vêtements sur place, ce qui a permis à beaucoup de passants de se servir.



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